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Gris culture: un vent de renouveau souffle sur la retraite

On n’a plus les aînés qu’on avait… Et si c’était notre vision de ce qui les intéresse qui devait changer?

Il y a aujourd’hui plus de gens de 65 ans (et plus) que d’enfants de moins de 16 ans. Ces aînés ont mené une vie active, ils ont bougé, voyagé, parlent souvent plus d’une langue et sont ouverts au monde. Ils  sont allés au concert, au musée et ils aimeraient bien continuer, rencontrer des gens, faire des choses intéressantes; bref, ils n’ont pas le temps de s’ennuyer. Seulement voilà: le déclin de certaines de leurs capacités physiques ou cognitives les empêchent souvent de se déplacer vers les lieux d’expression culturelle, et l’offre en résidence est plutôt limitée.

D’un autre côté, nous avons, au Québec, beaucoup à offrir: des acteurs culturels passionnés, des artistes qui veulent vivre de leur art et des organisations culturelles qui ont une foule d’activités à leur programme. C’est là qu’intervient le projet Gris culture d’Alaviva.

Acteurs culturels: ouvrez vos horizons pour élargir votre offre!

«Au départ, précise Andrée Pelletier, directrice d’Alaviva et initiatrice du projet, on souhaitait offrir une formation en ligne pour les acteurs culturels, afin de leur donner les clés d’une interaction fructueuse avec un bassin de clientèle plus âgée. Mais après de longs échanges entre l’équipe et le Lab culturel, et après avoir étudié les besoins du marché, notre modèle d’affaires a évolué: nous nous sommes rendu compte qu’une formation très cadrée aurait été prématurée. Le besoin le plus criant était de faire prendre conscience aux acteurs culturels, entreprises ou organisations caritatives, de la clientèle des aînés et de leurs besoins.»

«Le but du projet Gris culture est d’outiller les acteurs culturels et de les informer sur cette clientèle qui a soif de produits culturels pour les aider à la rejoindre. Nous avons choisi de mettre à profit l’aide que le Lab culturel nous apportait pour développer les outils suivants: produire des capsules pour expliquer aux acteurs culturels comment atteindre cette clientèle vieillissante et adapter leur offre en conséquence, explorer les différentes possibilités d’adaptation de leurs contenus, documenter les aménagements physiques, sensibiliser à l’accessibilité web.

«Plutôt qu’une formation classique, nous avons voulu proposer des capsules vidéo courtes, vivantes, pour nous adresser aux acteurs culturels, à qui nous voulons  transmettre le message suivant: il y a toute une population qui serait ravie de connaître votre existence, à qui vous pourriez offrir vos projets. Ce public en croissance a de nouveaux besoins – ouvrez vos horizons pour élargir votre offre!»

«Pourquoi ne pas adapter vos produits de façon à pouvoir les offrir à ceux qui n’ont plus autant de facilité à venir vers vous, mais qui n’ont pas perdu le goût de s’inscrire dans la vie, la société, la culture? Comment repenser vos installations, votre programmation, comment aller porter l’art et la culture dans les résidences pour vous rapprocher d’un public encore avide de nouvelles découvertes?»

Tout seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin

Pour un aîné, l’avantage est évident: même s’il n’est plus le visiteur qui se déplaçait vers le musée, s’il peut l’explorer en visite virtuelle, par exemple, s’il peut assister à des visites guidées ou à des conférences à distance sur un ordinateur, cela le garde actif, inclus dans la proposition culturelle et sociale.

«On a une perception assez répandue que les aînés sont de « l’ancien temps », qu’ils n’aiment que les vieilles choses, qu’ils ne s’intéressent pas à aujourd’hui. Mais c’est faux!», s’insurge Andrée Pelletier, «Il faut se sortir de l’idée que les aînés sont vieux et incapables de rien faire, il faut oser sortir des sentiers battus: même s’ils sont nés en 1930, les aînés d’aujourd’hui ont des tablettes, utilisent Skype, achètent les livres en ligne – il n’y a pas  d’âge pour expérimenter des nouvelles formes d’expression culturelle!»

«Un exemple: on a proposé en résidences une activité de conte en bandes dessinées – croyiez-vous que les aînés ne s’intéressaient à la BD? En simplifiant, en utilisant une technique style roman-photo, en trouvant des solutions techniques adaptées, avec l’aide d’un artiste pour la mise en forme de leurs idées,  l’activité a eu un succès fou et les participants ont adoré écouter les histoires des différentes équipes. Ce qui est fascinant, c’est qu’ils se montrent très intéressés à la collaboration: ils ont compris depuis longtemps que si tout seul, on va plus vite, ensemble… on va plus loin!»

«En provoquant les échanges, en leur offrant un défi et une stimulation intellectuelle, on a renforcé les liens sociaux du groupe participant. Comme pour le reste de la population, la culture est enrichissante pour les aînés, elle les met en action, en mouvement, les pousse à rester en forme par la stimulation cognitive, améliore leur estime de soi, les émotions positives, les relations sociales

Les organisations culturelles ont tout à gagner à aller vers ce nouveau public aux tempes grises: non seulement la réception qu’on leur fera sera extrêmement gratifiante, mais elles pourront faire d’une pierre deux coups en développant un nouveau marché qui ne demande que ça!


Le projet Gris culture

Division de Maelström créatif, Alaviva fait la promotion d’une vie active et participe à dynamiser la vie des aînés en offrant aux entreprises culturelles une nouvelle porte d’entrée pour rejoindre la clientèle des 55 ans et plus. La Fédération québécoise du loisir en institution (FQLI) vient de leur confier un mandat pour concevoir une activité artistique interactive offerte dans les résidences dans le cadre de la politique culturelle du Québec Partout la culture.

Avec l’aide du Lab culturel, Alaviva a entrepris le projet Gris culture pour aider les médiateurs culturels à mieux cerner le public des aînés à l’aide de capsules vidéos.

Voir les capsules vidéo.

Objectifs du projet Gris culture:

  • Mettre en lumière le potentiel que représente le marché des aînés pour les acteurs culturels;
  • Révéler aux acteurs culturels les bénéfices de la culture pour les personnes vieillissantes (stimulation cognitive, activité physique, relations sociales, estime de soi, émotions positives, etc.);
  • Sensibiliser les acteurs culturels à l’importance d’adapter leur offre pour mieux répondre aux besoins d’une clientèle vieillissante;
  • Informer les acteurs culturels sur les moyens à leur disposition pour rejoindre cette clientèle;
  • Encourager les acteurs culturels à innover en développant de nouvelles expériences utilisant le numérique.

À cela s’ajoute un objectif sous-jacent: trouver un modèle d’affaire permettant la poursuite du projet en-dehors du Lab culturel, en trouver la bonne source de monétisation.

Accompagnement du Lab culturel – Cohorte 3

L’aide financière du Lab culturel a été de 25 000$, l’accompagnement et les fonds ont été consacrés à:

  • l’exploration de l’adaptation du milieu de la culture au public des aînés);
  • la documentation des aménagements physiques;
  • l’accessibilité web;
  • le  développement du savoir;
  • la production de capsules vidéo.

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