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Le Sexe des pigeons

Posez la question à un.e ado de votre entourage: «Qu’est-ce que le théâtre, pour toi?» Il y a bien des chances que la réponse évoque une expérience scolaire un peu vieillotte, encadrée et obligatoire. En d’autres termes, vous aurez compris qu’en général et en particulier, ils.elles. trouvent ça plate.

C’est en discutant autour d’un verre en terrasse que deux amies, Gabrielle Côté et Laurence Régnier, se sont demandé ce qu’elles pourraient faire pour changer ça. Comment améliorer le rapport des ados au théâtre? Comment les intéresser, les faire venir au théâtre? Comment leur offrir une expérience différente, un peu plus de liberté?

«On ne voulait pas être moralisateurs en rejetant la connexion numérique, qui est au cœur de l’expérience adolescente contemporaine, précise Laurence Régnier, porteuse du projet. On souhaitait établir une certaine proximité avec les jeunes, pour qui l’art occupe une grande place à travers la mode, la musique, etc. Au lieu de prendre le problème de front en coupant leur connexion aux appareils mobiles, on a voulu intégrer le cellulaire à la mise en scène. On s’est inspirées de “Sleep no more”, une pièce pour adultes montée à New York. Basée sur une œuvre de Shakespeare, la pièce offre une expérience théâtrale individuelle de déambulation en silence.»

«Pour Le Sexe des pigeons, on voulait créer une expérience plus collective afin que les ados se sentent plus impliqués dans les œuvres auxquelles on les exposait. On a confié le mandat à trois artistes (Véronique Côté, Frédéric Blanchette et Marianne Dansereault), qui ont conçu trois univers différents, avec la possibilité de passer de l’un à l’autre.

Dans un premier temps, lors d’une première résidence d’artiste, on a commencé par tester la forme. On a exploré la possibilité de créer 20 comptes fictifs sur Facebook, de leur donner une étoffe, une profondeur, comme si tous ces comptes provenaient d’ados de la même école. L’expérience avait lieu dans trois salles, qui offraient chacune un écran géant. Malheureusement, Facebook s’est rapidement aperçu que c’étaient des faux comptes et les a désactivés! Retour à la case départ: on a dû repenser l’expérience et se tourner vers la conception d’une appli mobile développée avec l’équipe de Folklore. C’est comme ça qu’est venu le côté numérique du projet la force de cette option, c’est que ça offre une liberté d’exploration que ne peut pas offrir le format théâtral classique. L’ado est libre d’explorer, de déambuler: c’est même le but!»

Le projet est encore en pleine ébullition. En septembre, Le Sexe des pigeons aura accès à une deuxième phase de résidence d’artistes, qui leur permettra de refaire l’expérience en poussant plus loin de nouveaux textes et la ligne dramaturgique sur la nouvelle plateforme numérique. On compte sur eux pour que les ados adoptent cette nouvelle forme théâtrale! (et franchement, le fait d’intégrer le mot «sexe» dans le titre de l’œuvre est un coup de génie pour intéresser des ados, non?)

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Accompagnement du projet

Lab culturel: 15 000 $ – Cet accompagnement encadre le processus créatif et permet de rencontrer des alliés potentiels, des pistes de diffusion et de se nourrir des autres projets.

Les échanges sur la plateforme seront enregistrés et remis aux professeurs participants à la pièce, afin qu’ils puissent s’en servir dans leur enseignement pour réfléchir sur les traces qu’un utilisateur laisse sur les médias sociaux. Le Lab a réellement été l’initiateur de cette réflexion.

Le Cube : 800 $ – Cette aide a servi à recruter des spécialistes en développement de projets en théâtre jeunesse.

Le RÉCIT culture et éducation a fourni le cadre pour susciter une réflexion pédagogique autour du projet.

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