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Découvrabilité 101

Avez-vous l’impression que Google sait tout, tout, tout? Oui, c’est vrai, il vous connaît, vous et vos petites habitudes secrètes de navigation (oui, oui), vos déplacements, là où vous travaillez…

Mais en fait, ce qui est presque vrai pour les individus (et un peu effrayant, mais c’est un autre sujet) n’est pas tout à fait aussi vrai pour les entreprises ou les organismes culturels de tout poil. Leur visibilité, leur «découvrabilité» sur Google (et autres moteurs de recherche) dépendent de plusieurs facteurs: leurs données sont-elles bien structurées et liées? Si ça n’est pas le cas, Google et compagnie passeront à côté parce qu’ils ne pourront pas «lire» l’information et ne la relayeront pas. C’est une des raisons pour lesquelles la visibilité de l’offre culturelle québécoise est faible dans les moteurs de recherche. Par exemple, il arrive que l’on aboutisse à des infos contradictoires, qui peuvent ne pas être liées à Google Maps; il arrive même qu’un théâtre n’apparaisse pas du tout dans les résultats de recherche! Un vrai casse-tête pour les organismes et acteurs culturels: comment faire rayonner leur offre?

Plus de 4 millions de résultats à la recherche sur Google « Sortir ce soir laval ». Parmi les premiers résultats, il n’y a aucun événement d’un organisme culturel lavallois.

Existez-vous vraiment si Google ne sait pas que vous existez?

On va se le dire: si vous n’existez pas sur Google… vous n’existez pas, point. La compagnie américaine travaille sans relâche pour devenir notre principale plateforme d’accès à la connaissance. Les acteurs du domaine culturel se retrouvent de plus en plus démunis face à ce géant du web. Mais comment exister et augmenter la visibilité de ses contenus dans les moteurs de recherche? C’est cette question que se pose l’équipe de Culture Laval avec comme objectif de permettre aux organismes et acteurs culturels lavallois d’être autonomes dans la gestion de leurs données pour rendre leurs contenus «découvrables».

Actuellement incubé dans la quatrième cohorte du Lab culturel de Culture pour tous, l’organisme, qui déploie beaucoup d’efforts pour faire rayonner la culture sur le territoire lavallois auprès d’un public le plus large possible, est à l’origine de Signé Laval. Ce projet prend  le problème de la découvrabilité de front en s’alliant les compétences de trois partenaires:

  • Caligram, spécialisé dans les calendriers culturels connectés.
    Sur Caligram, un même événement peut se retrouver dans plusieurs sites distincts et donc bénéficier d’un maximum de visibilité;
  • La culture crée, spécialisé dans la structuration,  la liaison et la valorisation de données. L’entreprise a créé Footlight, une technologie qui permet de colliger, structurer et interconnecter automatiquement les informations relatives aux événements culturels et de les convertir en données interconnectées compatibles avec les moteurs de recherche;
  • Folklore, une agence de création numérique qui conçoit et réalise des expériences interactives. Folklore a conçu le design du site Signé Laval.

Objectif du projet: faire en sorte que les événements du site Signé Laval soient vus et lisibles par les moteurs de recherche et les outils d’intelligence artificielle et d’apprentissage automatisé pour que l’offre culturelle rencontre son public.

Il y a également un sous-objectif qui vise à expliquer ce qu’est la découvrabilité aux acteurs du milieu culturel. Culture Laval va ainsi concevoir des outils de formation, et des outils pédagogiques qui expliqueront ce concept, afin de donner quelques clés aux organismes culturels pour améliorer le potentiel pour leur offre d’être repérée sur le web.

Une étape à la fois

La priorité était de faire l’inventaire des besoins, de tester et vérifier les paramètres de lisibilité  des données du site Signé Laval à l’aide de FootLight, de La Culture crée. Cet outil permet de scanner les événements, pour vérifier si les données sont bien structurées pour les moteurs de recherche et les outils d’intelligence artificielle et d’apprentissage automatisé afin de pouvoir les lier à des graphes de connaissance, des bases de données qui parlent un langage commun, comme par exemple, Wikidata qui est une base de données en graphe. Cette première étape, absolument cruciale, a permis d’identifier les éléments manquants, à déterminer la structure à adopter.

La phase 1 du projet consistait à tester le processus et la technologie afin de bien cibler les problématiques et les améliorations potentielles. En parallèle, Signé Laval a été positionné comme un projet de référence, un laboratoire d’expérimentation et une source de partage en matière de découvrabilité des événements culturels dans le Web sémantique. Lors de cette première étape, l’équipe de Culture Laval a aussi déterminé les méthodes pour transmettre les apprentissages réalisés avec ce projet au milieu culturel. Ainsi des outils pédagogiques spécialement conçus pour les organismes culturels vont être prochainement créés. Lors de cette phase 1, un bref diagnostic a également été réalisé afin d’identifier les pratiques numériques de l’ensemble du milieu culturel lavallois.

«Évidemment, à chaque étape, on fait le bilan pour vérifier la cohérence de la démarche » précise Louise Brunet, de Culture Laval.

La deuxième étape consiste à produire une fusion des technologies développées par Caligram et La culture crée dans le site Signé Laval. Ce processus facilitera la tâche de validation des données par les organismes lavallois qui partagent leurs événements sur le site et permettra de rassembler le tout sur une seule et même plateforme.

Une fois cette partie achevée,  il faudra passer par une étape de contrôle de qualité avant d’aborder la dernière étape, qui devrait avoir lieu début 2020: le lancement. À ce stade, les organismes et agents culturels lavallois pourront utiliser la nouvelle plateforme en ayant l’assurance que leur offre sera liée aux graphes de contenu, donc visibles, accessibles et… «découvrables».

Signé Laval est un précurseur; nul doute que ses travaux bénéficieront à d’autres projets régionaux. D’ailleurs, une demande de subvention a été déposée auprès du Conseil des arts du Canada afin de favoriser l’essaimage du projet initial. En invitant d’autres régions à en faire autant, on pourra atteindre une masse critique de données qui permettra à la culture québécoise d’être bien visible sur le web!

Accompagnement du projet
Aide financière du Lab culturel de Culture pour tous: 20 000$.

Cette somme est consacrée en grande partie à évaluer la fusion des technologies, puis à assurer la transmission et la formation aux organismes culturels québécois.


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