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Abstrak : démocratiser l’art contemporain par l’expérimentation numérique

Le projet Abstrak présenté par 4Éléments  propose une adaptation interactive de l’œuvre Univers chiffonnés de l’artiste André Boucher qui utilise la photographie pour engager un dialogue amoureux avec la peinture abstraite.

Le public peut désormais s’exprimer à travers l’œuvre de l’artiste, mieux comprendre sa démarche et se familiariser avec l’art contemporain. Cette expérience amusante permet d’interagir avec le relief, la couleur et la composition de l’œuvre grâce à la reconnaissance de mouvements.

Un projet très ambitieux

Lorsque ce projet a été soumis au Lab culturel, le jury y a vu une façon intéressante de démocratiser l’art contemporain par l’expérimentation. La riche expérience de 4Elements en matière d’installations interactives a confirmé la sélection.

Un projet de cette envergure nécessitait une équipe chevronnée, agile et ouverte. Un projet artistique exige de la créativité et de l’inventivité et agit souvent comme un projet de R&D ou même d’intrapreneuriat pour une entreprise, à l’opposé de ce qui pourrait être qualifié de commande, venant d’un client par exemple. Bien que l’expertise de l’équipe soit sollicitée dans les deux cas, un projet de création est souvent moins balisé qu’un projet commandé. Il doit composer avec certaines contraintes qui peuvent différer.

Rechercher un artiste

Avant de déterminer la technologie qui serait mise de l’avant, il fallait tout d’abord sélectionner l’artiste dont le travail servirait de «matière» Les oeuvres de l’artiste et sa démarche pouvaient influencer grandement le choix de la technologie. Il fallait également considérer l’accessibilité et l’attractivité. Donner envie au public de créer de nouvelles oeuvres qui l’intéresserait.

La sélection s’est arrêtée sur André Boucher. 

André Boucher est originaire du Saguenay, au Québec. Photographe depuis plus de 40 ans, il s’est intéressé à la pluridisciplinarité de la photo et de la peinture abstraite.  Ses photographies qui posent un regard unique sur l’érosion de nos environnements urbains (avec les séries Illuminations, Fragments d’Éternité, Anima Mundi et Univers Chiffonnés) ont acquis une notoriété grandissante. Ses œuvres ont fait l’objet d’expositions un peu partout au Québec. Elles se retrouvent parmi plusieurs collections privées et muséales.

La série Oeuvres chiffonnées se prêtait bien à l’expérimentation numérique dans l’univers de cet artiste. Il a d’ailleurs été surpris «qu’une gang de jeunes» le contacte pour explorer son oeuvre. Après quelques discussions, il s’est dit Pourquoi pas? Et selon ce qu’il m’a dit, il a adoré l’expérience. Le travail d’un créateur se fait souvent en solitaire, en retrait. Travailler à remodeler ses oeuvres lui a donné le goût de travailler en équipe davantage, d’explorer plus loin encore le potentiel du numérique et de l’art contemporain.

 

Déterminer la technologie à utiliser

Pour favoriser l’interaction, il fallait choisir une technologie qui faciliterait la liberté de mouvements. La première technologie envisagée reposait sur la capture de mouvements. Le programme a été développé en partie en fonction de cette technologie. Au moment de la validation, étape dont le principal objectif était de trouvé un lieu ou un contexte pouvant recevoir le dispositif, l’équipe s’est butée à un frein considérable : la technologie préconisée coûtait beaucoup trop cher pour ce que le marché était disposé à payer, en plus de requérir beaucoup d’espace d’installation, limitant ainsi les possibilités de déploiement dans divers lieux. Il a donc fallu repenser à une technologie moins dispendieuse et aussi, plus facilement transportable. La Kinect a alors été retenue pour sa simplicité d’utilisation et pour sa facilité d’installation.

L’expérience interactive à trois personnes

Ainsi, trois stations ont été imaginées, reproduisant trois aspects de l’oeuvre d’André Boucher : la couleur, le relief et la composition. Chaque station est indépendante et peut être utilisée par une seule personne. Là où ça devient intéressant, c’est dans l’interaction entre les trois personnes découvrant les effets de la station qu’ils occupent et l’impact que leurs gestes créent dans la transformation de l’oeuvre.

L’installation a pris place au mLab du Musée de la civilisation du Québec à Québec du 5 au 7 octobre 2018. Le public a rapidement compris comment activer les différentes possibilités créatives pour créer une nouvelle oeuvre à partir de la démarche de André Boucher. Le plaisir était au rendez-vous selon plus de 90% des répondants qui ont mentionné avoir trouvé l’expérience amusante et stimulante.  Plus de 76% des répondants au sondage ont mentionné avoir mieux saisi la démarche de l’artiste et 96% d’entre eux ont préféré interagir avec l’oeuvre plutôt que de simplement la regarder. Objectifs atteints!

Prochaines étapes?

Maintenant que le projet pilote a été installé, testé et expérimenté par le public, l’incubation au Lab culturel est maintenant terminée. La prochaine étape consiste à mettre en place un plan de mise en marché et à identifier certaines cibles clés pour recevoir l’installation, notamment à la façon de tourner l’offre du produit d’un point de vue plus corporatif pour le proposer en installation temporaire lors de salons ou congrès professionnels : le leadership par l’utilisation des arts, comment l’art peut améliorer la communication d’équipe, etc.

D’un point de vue technologique, l’équipe n’a eu aucun enjeu technique majeur. Le sondage a confirmé beaucoup des prérequis sur l’envie de la clientèle d’interagir davantage avec les œuvres dans un musée et sur la mission que 4Éléments s’était donné avec Abstrak pour rendre la démarche de l’artiste plus proche et réaliste.

Vous seriez intéressés à accueillir cette installation? Contactez l’équipe de Abstrak chez 4Éléments!

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